<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-35848064</id><updated>2011-04-22T03:09:32.050+02:00</updated><title type='text'>Russieblog</title><subtitle type='html'>Vos opinions,vos articles sur la Russie.</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://batiouchka.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/35848064/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://batiouchka.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Gortchov</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13488334039671889458</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>7</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-35848064.post-695511061965525032</id><published>2007-03-31T02:16:00.001+02:00</published><updated>2009-03-24T02:11:24.667+01:00</updated><title type='text'>Gazprom ne cesse de grandir, et la Russie de reculer</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;" id="chapeau"&gt;Si l'acquisition de Yugansk par Gazprom se réalise, on peut  redouter un sévère recul de l'économie de marché. On aurait pu appeler ça     &lt;i&gt;« Les Accords de Moscou »&lt;/i&gt; ... Un événement non encore avéré mais d'ores et déjà considéré comme fondateur, dans l'histoire économique de la Russie. Car la vente programmée, le 19 décembre, de Yuganskneftegaz - une filiale du géant pétrolier Yukos, et non des moindres, du point de vue de la production de barils - signifiera plus que le simple enterrement de Yukos, ce célèbre conglomérat dont l'Etat russe a décidé qu'il devrait être démantelé, simplement pour honorer une très improbable amende fiscale de... 26 milliards de dollars. Une date qui, par ailleurs, marquera d'une pierre blanche la plus importante opération de nationalisation d'une propriété privée réalisée en Russie depuis la fin de l'ère socialiste. Car il ne fait pas le moindre doute que Yugansk tombera dans l'escarcelle de Gazprom, le géant du gaz russe et toujours propriété de l'État. &lt;i&gt;« Le Kremlin a ordonné à Gazprom de se mettre sur les rangs »&lt;/i&gt;     , résume sobrement Christopher Weafer, à la tête du département de la recherche de la banque russe Alfa.   &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;                               &lt;!-- Début de la balise texte de l'article --&gt;            &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;" class="texte"&gt;   &lt;p&gt; De fait, cette vente aux enchères est de celles dont les officiels de Gazprom se seraient bien passés - jusqu'à ce récent revirement de leur part, le 30 novembre. Le prix de cette opération sera fixé à 8,6 milliards de dollars, un processus au terme duquel Gazprom se sentira plus riche de quelque 11,63 milliards de barils, un montant équivalant à 17 % de l'ensemble des réserves pétrolières estimées de la Russie. Le chiffre d'affaires annuel de Gazprom, qui s'élève actuellement à 34 milliards de dollars, devrait ainsi se voir augmenté d'environ 7,5 milliards supplémentaires, au terme de cette opération. Un deal qui, entre parenthèses, vient directement concurrencer la récente fusion de Gazprom avec Rosneft, la société d'Etat qui présidait jusque-là aux destinées de l'or noir en Russie. Au terme de cette opération, Gazprom se retrouvera propriétaire de près d'un quart des réserves pétrolières russes et environ du cinquième des barils qui sortiront du pays, une fois consommées la fusion avec Rosneft et l'acquisition de Yugansk. D'autres occasions de croissance externe devraient se présenter. Gazpromneft, le bras armé de Gazprom en matière de pétrole, confirmait récemment qu'elle avait reçu, de la part de la DeutscheBank, la recommandation d &lt;i&gt;'« acquérir des sociétés d'envergure comme Sibneft, Surgutneftegaz et Yuganskneftegaz »&lt;/i&gt; . Dans l'hypothèse où elle finirait par les absorber toutes les trois, Gazprom se retrouverait non seulement à la tête de l'essentiel des réserves de gaz russes, mais également propriétaire de quelque 40 % des réserves pétrolières du pays. Une éventualité que Gazprom s'est refusée à commenter. &lt;/p&gt;   &lt;p&gt;Quelles sont, dès lors, les conséquences que pourrait entraîner sur l'économie russe un tel processus d'agglomération ? Pour commencer, cela pourrait mettre à mal toute réforme d'ampleur que Vladimir Poutine pouvait espérer mener - des réformes dont la Russie, plus que jamais, a pourtant besoin. Car, en dépit du cours élevé du baril, la croissance russe marque actuellement le pas. On estime que l'économie a bénéficié, pour le mois de novembre de cette année, d'un taux de croissance annualisé de 4,5 %. Un chiffre très éloigné des 7,6 % mesurés au mois de novembre 2003. Le taux des investissements domestiques n'a cessé de chuter, en particulier sur le marché du pétrole, et ce principalement du fait de l'offensive sur Yukos. Depuis l'annonce de la vente de Yugansk, le 19 novembre, la Bourse russe a perdu près de 15 %.&lt;/p&gt;   &lt;p&gt; Au sein de l'administration Poutine, les réformateurs entonnent depuis longtemps de subtiles incantations sur l'impact potentiel d'un accord entre Gazprom et Yugansk, sur une éventuelle ouverture de l'économie russe. Andrey Illarionov, un des conseillers économiques du président, n'a pas raté une occasion, ces derniers temps, de remettre en cause l'entreprise de démolition dont Yukos fait actuellement les frais. Aujourd'hui, c'est German Gref, le ministre chargé du Commerce et du Développement économique, qui entre dans la danse. Le 1er décembre, il dénonçait la vente &lt;i&gt;« probable »&lt;/i&gt;     de Yukos à Gazprom, en déclarant devant le Parlement russe :     &lt;i&gt;« Lorsque la concurrence est à même d'exister, l'Etat doit savoir s'effacer. »&lt;/i&gt;   &lt;/p&gt;   &lt;p&gt; Les conseillers économiques de Poutine sont en effet particulièrement inquiets de l'intérêt croissant que manifeste Gazprom pour de nouveaux marchés, dont, en particulier, celui du service public russe de distribution d'électricité. Au mois de novembre, Gazprom mettait la main sur 25 % de Mosenergo, le principal fournisseur d'électricité de l'agglomération moscovite. &lt;i&gt;« Ce type d'agissements s'oppose radicalement à la politique économique menée par le gouvernement, en l'occurrence la libéralisation de l'économie et la fin des monopoles, sans oublier une réduction d'échelle au sein de l'effectif du marché non concurrentiel »&lt;/i&gt;     , se récrie Andrei Sharonov, ministre délégué à l'Economie en charge de la réforme de l'industrie gazière.   &lt;/p&gt;   &lt;p class="intertitre"&gt;     &lt;intertitre&gt;Un géant aux pieds d'argile&lt;/intertitre&gt;   &lt;/p&gt;   &lt;p&gt; Il reste malgré tout peu probable que cette bronca des réformateurs entame en quoi que ce soit la détermination de Poutine ou de ses conseillers de l'ex-KGB. Dommage, quand l'on considère que la Russie a tout intérêt à fédérer le meilleur de ses compagnies pétrolières, si elle rêve un jour d'exploiter le plein potentiel de ses réserves énergétiques, qu'il s'agisse de gaz ou de pétrole. Et force est de constater que, de ce point de vue, la Russie ne reçoit pas son dû de la part de Gazprom, dont les dernières performances économiques n'engagent guère à vanter l'enseigne. Alors que les compagnies pétrolières russes - fondées sur des capitaux privés pour l'essentiel d'entre elles - sont parvenues à augmenter leur production de 50 % depuis 1998, la production de Gazprom, sur la même période, a chuté de 1,6 %. Aidé par la hausse mondiale des prix de l'énergie, le chiffre d'affaires de Gazprom a pu augmenter de quelque 70 % depuis 2001, soit précisément l'année où Poutine décida de nommer Alexei Miller, un de ses proches collaborateurs, à la tête de Gazprom. Mais c'était compter sans la hausse des coûts de production qui, in fine, eurent vite fait d'anéantir l'essentiel de ce bénéfice. Si l'on en croit les chiffres de l'OCDE, l'emploi dans le secteur de l'industrie gazière - qui, précisons-le, relève quasi exclusivement de Gazprom - a augmenté de plus de 80 % entre 1997 et 2003, alors même que la productivité russe globale chutait de 40 %. Le coût de la main-d'oeuvre industrielle dans l'industrie gazière a grimpé de 107 % durant la même période, alors qu'il n'augmentait que de 25 % dans l'industrie pétrolière, privatisée pour l'essentiel. &lt;i&gt;« Les entreprises d'État ne cessent d'enregistrer des contre-performances, en termes de bénéfices »&lt;/i&gt; , estime ainsi Anders Aslund, directeur des programmes russe et eurasien au Carnegie Endowment for International Peace, à Washington. &lt;/p&gt;   &lt;p&gt; L'incapacité de Gazprom à réduire ses coûts n'est pas sans avoir bien évidemment des conséquences financières. Le United Financial Group décrit dans une étude récente le trimestre qui s'achevait en juin dernier - le dernier dont les chiffres soient accessibles, en fait - comme &lt;i&gt;« l'un des pires de l'histoire de Gazprom »&lt;/i&gt; . Le bénéfice avant impôt a chuté de 15 % par rapport à l'année précédente. La banque prévoit même que les coûts de Gazprom auront, au terme de cet exercice, subi quelque 99 % d'inflation depuis 2001, alors que ses bénéfices, sur la même période, n'ont augmenté que de 32 %. Et le fait que Gazprom, à l'inverse de nombre de ses consoeurs nationalisées d'Europe de l'Ouest, ne fasse l'objet d'aucune régulation efficace, ne l'encourage en rien à se conduire comme une entreprise commerciale digne de ce nom. A mesure que sa puissance économique grandira, le poids politique de Gazprom croîtra également, rendant d'autant plus improbable quelque tentative que ce soit de le réguler plus efficacement. A ce jour, les tentatives du ministère de l'Economie de réformer Gazprom n'ont pas eu le moindre effet. &lt;i&gt;« L'entreprise est grande et forte, sans compter qu'elle peut se targuer d'une influence politique certaine, analyse Sharonov. Du coup, le travail du régulateur s'en trouve compliqué d'autant. »&lt;/i&gt;   &lt;/p&gt;   &lt;p&gt; Il subsiste pourtant quelques optimistes pour considérer que l'impact de l'expansion de Gazprom sera somme toute limité. Dans leur perspective, l'objectif premier de Poutine a toujours été de mettre une sourdine aux ardeurs d'oligarques comme Khodorkovski, l'actionnaire principal de Yukos, qui ont amassé l'essentiel de leur vaste fortune au cours de la décennie 90, par des moyens plus ou moins avouables. Le rachat de Yugansk par Gazprom ne serait donc, pour ces optimistes, qu'une conséquence malheureuse de ce processus : &lt;i&gt;« Ce n'est que le premier pas d'une stratégie bien pensée, qui vise in fine à remettre la main sur le pétrole russe, explique Steven Dashevski, chargé de la recherche chez Aton Brokerage, un cabinet moscovite. C'est une simple question d'opportunisme, l'État russe avait besoin de quelqu'un, et personne d'autre ne pouvait décemment se mettre sur les rangs. »&lt;/i&gt;   &lt;/p&gt;   &lt;p&gt; Cet opportunisme aura surtout eu pour conséquence de donner naissance à une mégaentreprise, qui pourrait finalement contribuer à restreindre la concurrence, remettre à plus tard la réforme des marchés, voire mettre à mal la sérénité des investisseurs en Russie. &lt;i&gt;« Les considérations d'efficacité n'ont jamais été prises en compte dans cette affaire. Il s'agit avant tout d'une décision politique et financière, dans la mesure où les diverses instances sont convaincues que le véritable contrôle de l'argent revient à l'État, et à lui seul »&lt;/i&gt; , estime Yevgeni Yasin, directeur de recherche à la Higher School of Economics, à Moscou, et ancien Premier ministre de Boris Eltsine. Dans cet esprit, il est probable que Gazprom ne manquera pas de devenir énorme, puissant et très menaçant - tout ce dont la Russie n'a pas besoin. &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/35848064-695511061965525032?l=batiouchka.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://batiouchka.blogspot.com/feeds/695511061965525032/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=35848064&amp;postID=695511061965525032' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/35848064/posts/default/695511061965525032'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/35848064/posts/default/695511061965525032'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://batiouchka.blogspot.com/2007/03/gazprom-ne-cesse-de-grandir-et-la.html' title='Gazprom ne cesse de grandir, et la Russie de reculer'/><author><name>Gortchov</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13488334039671889458</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-35848064.post-441092343825036863</id><published>2007-03-31T00:14:00.000+02:00</published><updated>2007-03-31T02:10:14.193+02:00</updated><title type='text'>Poussée de la Russie vers l’Est</title><content type='html'>(« Drang nach Osten »)         &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Janvier 2007 &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;                &lt;p align="left"&gt;&lt;a href="http://www.csis-scrs.gc.ca/fr/publications/commentary/com90_f.pdf" target="_blank"&gt;&lt;img src="http://www.csis-scrs.gc.ca/images/reader_icon_special.jpg" alt="Adobe PDF" height="62" width="77" /&gt;   Version PDF 218 KB&lt;/a&gt; &lt;/p&gt;               &lt;p&gt;       &lt;/p&gt;         &lt;hr /&gt;        &lt;h2&gt;Introduction&lt;/h2&gt;         &lt;p&gt;Représentant le septième de la masse terrestre, le territoire gouverné directement depuis Moscou du temps de l’URSS chevauchait ce qu’on appelait communément l’« Est » et l’« Ouest » en termes géopolitiques du 20&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle. Le Kremlin exerçait une influence politique sur une région nettement plus grande que l’URSS, à savoir les pays membres de l’Organisation du Traité de Varsovie (Pacte de Varsovie) et d’autres petits pays éparpillés ça et là (Cuba, Vietnam, etc.), ainsi que sur les membres de plus de 90 partis communistes partout dans le monde. &lt;/p&gt;         &lt;p&gt;Cette vaste « sphère d’influence » s’est évaporée entre 1985 et 1991, laissant seule et stratégiquement isolée du reste du monde la Fédération de Russie, qui succédait officiellement à l’Union soviétique. Dépourvue d’alliés, entourée de voisins instables et potentiellement hostiles qui eux aussi étaient « nouveaux », amputée de sa zone tampon traditionnelle et de ports maritimes, aux prises avec de graves difficultés économiques et politiques et accablée par le fardeau d’une imposante armée désorientée au plan interne et apparemment inepte, la Fédération de Russie se retrouvait pratiquement sans moyens de défense autre que son arsenal nucléaire. En outre, la nouvelle Fédération de Russie n’avait pas de plan économique, politique, stratégique ou militaire pour l’aider à se tirer d’une situation quasi désespérée. &lt;/p&gt;         &lt;p&gt;Ce n’est qu’au début du 21&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle, avec l’arrivée de Vladimir Poutine au poste de président, que l’ordre et la clarté se sont introduits dans le chaos russe, offrant des chances de stabilité. En faire le récit serait long et complexe. C’est pourquoi nous nous bornerons dans le présent rapport à examiner un aspect de la quête de stabilité et d’ordre des Russes dans leur niche stratégique internationale : le retour de la Russie en tant que principal acteur en Eurasie en général et dans l’ancienne Asie centrale soviétique en particulier.&lt;/p&gt;  &lt;h2&gt;Contexte&lt;/h2&gt;  &lt;p&gt;L’histoire commence par un essai que Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller en matière de sécurité nationale, a fait paraître en 1997 dans la revue &lt;em&gt;Foreign Affairs&lt;/em&gt; (« A Geostrategy for Eurasia »,   76: 5 [Sept./Oct.])&lt;a href="http://www.csis-scrs.gc.ca/fr/publications/commentary/com90.asp#_edn1" name="_ednref1"&gt;&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; . L’auteur semble y plaider entre autres en faveur d’un affaiblissement marqué de la Russie et d’un renforcement colossal de la présence des États-Unis et de l’OTAN dans l’ex-Asie centrale soviétique. Lorsque l’essai a paru, seuls des universitaires de l’Ouest l’ont pris au sérieux en tant qu’ouvrage théorique intéressant; il a été condamné véhémentement par l’ensemble des analystes russes. Après les attentats du 11 septembre 2001, les planificateurs stratégiques et militaires à Washington ont pris au sérieux les principes que Zbigniew Brzezinski avait défendus quatre années auparavant, sinon les suggestions qu’il avait alors faites. Ces principes ont suscité une grande crainte chez les planificateurs stratégiques et militaires à Moscou. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Au cours des trois années qui ont suivi, la présence américaine en Asie centrale s’est accrue de manière exponentielle, surtout après l’assaut donné contre l’Afghanistan par les forces coalisées dirigées par les États-Unis. Le Pentagone a ouvert des bases militaires au Kirghizistan (Manas) et en Ouzbékistan (Karshi-Khanabad), construit une base aérienne servant à l’avitaillement près de Douchanbe au Tadjikistan et acheté un accès de contingence à un terrain d’aviation à Almaty au Kazakhstan. La réalisation de ces projets militaires a été facilitée par le versement de sommes d’argent très élevées qui ont permis de couvrir les frais de construction et de location ainsi que les compensations financières consenties aux administrations locales. Le président Islam Karimov d’Ouzbékistan a réservé un accueil particulièrement favorable aux Américains dans la région. Les dirigeants régionaux commençaient à parler de participer davantage aux programmes de l’OTAN s’inscrivant dans le cadre du Partenariat pour la paix et à se tourner vers l’Ouest pour assurer leur sécurité et obtenir d’autres formes d’aide&lt;a href="http://www.csis-scrs.gc.ca/fr/publications/commentary/com90.asp#_edn2" name="_ednref2"&gt;&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; .&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Il n’en demeure pas moins qu’au cours des deux dernières années ce processus a été complètement renversé et la présence américaine grandissante a pratiquement été effacée par une série d’ententes bilatérales et multilatérales russes visant à rétablir la prédominance de la Russie dans la région. Cette tendance ne s’est pas manifestée du jour au lendemain, même si elle a été facilitée par deux incidents imprévus (voir ci-après). C’est Yelstine qui, au milieu des années 90, a lancé d’un pas hésitant le processus de réintégration de la Russie et de l’Asie centrale, mais c’est Poutine qui a fait de la poussée vers l’Est une priorité.&lt;/p&gt;  &lt;h2&gt;   &lt;!-- UP START --&gt;    &lt;p align="right"&gt;&lt;a href="http://www.csis-scrs.gc.ca/fr/publications/commentary/com90.asp#top"&gt;&lt;img src="http://www.csis-scrs.gc.ca/images/bluearrow_up.gif" alt="Haut" border="0" height="10" width="21" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;a href="http://www.csis-scrs.gc.ca/fr/publications/commentary/com90.asp#top"&gt;Haut&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;!-- UP END --&gt;  &lt;/h2&gt;  &lt;h2&gt;Poutine&lt;/h2&gt;  &lt;p&gt;Vladimir Poutine a joué la « carte de l’Asie » très tôt dans sa carrière sur la scène internationale. De juillet à septembre 2000, il a fait la tournée de la région extrême-orientale russe, de l’Asie centrale et de l’Asie avant de se rendre à Okinawa au Japon assister au sommet du G-8 où il devait rencontrer le président américain Bill Clinton. En route, il a eu des entretiens avec les dirigeants des cinq pays membres du Groupe de Shanghai (aujourd’hui connu sous le nom d’Organisation de coopération de Shanghai [OCS], voir « Les institutions officielles d’Asie centrale » ci-après) à Douchanbe, s’est entretenu de nouveau avec le président de Chine quelques jours plus tard à Beijing et a ensuite rencontré le dirigeant de la Corée du Nord à Pyongyang. C’est fort du soutien entier des dirigeants de l’Asie centrale et de la Chine que Vladimir Poutine est arrivé à Okinawa. Les chefs d’État du Groupe de Shanghai se sont réunis peu de temps après à New York à l’occasion de la session de l’an 2000 de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Chaque fois qu’il a pu le faire par la suite, le président Poutine s’est rendu dans l’Ouest en passant par l’Est, et c’est armé du soutien entier des membres de l’OCS, y compris la Chine et l’Inde, à propos d’enjeux internationaux qu’il s’est présenté à plusieurs rencontres avec le président Bush.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Tout en acceptant l’expansion américaine en Asie centrale – ou du moins en ne s’en plaignant pas publiquement –, les ministères des Affaires étrangères et de la Défense du gouvernement Poutine ont graduellement mis sur pied une série d’organisations et d’institutions chargées de faire en sorte que la région finisse par dépendre du leadership politique, économique et militaire de Moscou. Leur succès a été assuré lorsque Moscou a profité des troubles qui ont secoué l’Ouzbékistan et le Kirghizistan en 2005.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Survenu soudainement en mars 2005, un soulèvement politique à Bichkek au Kirghizistan (la « Révolution des tulipes ») a entraîné la chute du gouvernement d’Askar Akaev et la fuite de ce dernier à Moscou. Il est néanmoins étonnant à première vue que le nouveau président du pays, Kurmanbek Bakiev, ait cherché à obtenir le soutien de Moscou, qui le lui a accordé le mois suivant. Si Kurmanbek Bakiev s’est tourné vers Moscou, c’est en partie parce que les Russes avaient reconnu son régime et qu’ils fournissaient une aide importante au secteur agricole mal en point du Kirghizistan. Les manifestations qui se sont récemment tenues à Bichkek et les tentatives faites par le Parlement pour limiter les pouvoirs présidentiels, par exemple les 2, 3 et 8 novembre 2006, laissent présager d’autres bouleversements majeurs dans la république kirghize. Il circulait même des rumeurs d’une intervention russe imminente (&lt;em&gt;Interfax&lt;/em&gt;, 7 novembre 2006).&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;En mai, l’Ouzbékistan s’est lui aussi rallié rapidement au camp russe. Le tollé déclenché en Occident lorsque des soldats ouzbeks ont ouvert le feu contre une foule de manifestants à Andijan a mis fin à la cour qu’Islam Karimov faisait à Washington et ne laissait à l’Ouzbékistan que Moscou comme seul secours. Le sommet que l’OCS a tenu à Astana au Kazakhstan en juillet 2005 a marqué la complète transformation de la situation des Russes en Asie centrale. Sous l’impulsion des présidents de l’Ouzbékistan, du Kirghizistan et du Kazakhstan, les participants au sommet ont exigé que les membres de la « coalition antiterroriste », à savoir les États-Unis et l’OTAN, « établissent un échéancier pour la fin de leur utilisation temporaire des installations infrastructurelles et pour le retrait de leurs soldats des pays de l’OCS » (&lt;em&gt;Izvestiia&lt;/em&gt;, 6 juillet 2005). Des envoyés de l’Iran, de l’Inde, du Pakistan et de la Mongolie ont assisté à ce sommet à titre d’observateur officiel. Il n’est pas étonnant que les présidents aient tous évoqué la possibilité que l’OCS devienne la voix de l’Asie centrale dans le monde. L’idée est peut-être farfelue, mais peut-être pas si l’on considère que l’OCS et ses observateurs officiels représentent la moitié de la population mondiale, soit quelque trois milliards de personnes. Leurs territoires regroupés contiennent environ 20 pour cent des ressources énergétiques de la planète, et la Chine est le plus grand consommateur d’énergie au monde.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Lors d’une rencontre qui a eu lieu à Moscou en octobre 2005, ces mêmes dirigeants ont convenu avec Vladimir Poutine qu’il faudrait accorder la priorité à la lutte contre le terrorisme et à la sécurité. Comme cette rencontre s’est tenue quelques semaines seulement avant des exercices militaires sino-russes et russo-indiens et qu’elle a attiré des observateurs de haut rang, à savoir le vice-président d’Iran, les premiers ministres du Pakistan et de Mongolie et le ministre des Affaires étrangères d’Inde, elle a suscité d’autres débats, tant en Russie qu’ailleurs, sur l’OCS en tant qu’« OTAN de l’Est ». Et vu que la Russie siège déjà au Conseil OTAN-Russie en sa qualité de partenaire de l’OTAN, il est clair que les Russes cherchent à promouvoir l’impression que l’OCS est l’« OTAN de l’Est ». &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Des mises en garde s’imposent. En effet, comme Islam Karimov ne s’était certes pas engagé à instaurer la démocratie en Ouzbékistan, l’incident d’Andijan a surtout fait ressortir des conditions connues et précipité le rejet de ses démarches auprès de Washington. En outre, les pays assistant aux rencontres de l’OCS à titre d’observateur ne sont pas sur le point de devenir membres de cette organisation – et il n’est pas dit même qu’ils le deviendront un jour – , mais ils sont présents. Et comme la Chine est le plus important consommateur de l’énergie iranienne, l’OCS pourrait s’avérer utile si jamais il fallait exercer des pressions sur l’Iran. &lt;/p&gt;  &lt;h2&gt;   &lt;!-- UP START --&gt;    &lt;p align="right"&gt;&lt;a href="http://www.csis-scrs.gc.ca/fr/publications/commentary/com90.asp#top"&gt;&lt;img src="http://www.csis-scrs.gc.ca/images/bluearrow_up.gif" alt="Haut" border="0" height="10" width="21" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;a href="http://www.csis-scrs.gc.ca/fr/publications/commentary/com90.asp#top"&gt;Haut&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;!-- UP END --&gt;  &lt;/h2&gt;  &lt;h2&gt;Comment en est-on arrivé à la situation actuelle?&lt;/h2&gt;  &lt;p&gt;Aucun complot sinistre n’avait été ourdi. À la fin de mars 2003, l’invasion de l’Irak par les forces coalisées commandées par les Américains avait détourné – n’était-ce que brièvement – l’attention de l’Occident de l’Afghanistan. Et presque aussitôt, la Russie a rehaussé son profil en Asie centrale en matière de sécurité. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;La Russie a lancé publiquement sa nouvelle offensive diplomatique en Asie centrale en octobre 2003 quand Vladimir Poutine a assisté à l’ouverture officielle d’une base aérienne russe à Kant, située près de Bichked au Kirghizistan et à une centaine de kilomètres seulement de la base américaine. L’ouverture s’est déroulée avec beaucoup d’éclat. Les intervenants ont signé un bail de 15 ans qui prévoyait le droit de le renouveler tous les cinq ans après son expiration. On a soutenu à l’époque que la base de Kant servirait de base opérationnelle à la force de déploiement rapide dont l’OCS comptait se doter. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Appelé « exercice antiterroriste », l’exercice militaire que les Russes et les Ouzbeks ont mené conjointement du 19 au 24 septembre 2005 a mis en évidence la nouvelle dépendance de l’Asie centrale à l’égard de Moscou. Peu de temps après, soit du 10 au 13 octobre de la même année, la secrétaire d’État américaine Condoleeza Rice a effectué une tournée en Asie centrale en se gardant bien de se rendre en Ouzbékistan. Une semaine plus tard, le ministre des Affaires étrangères de Russie, Sergei Lavrov, effectuait lui aussi une tournée dans la région et réparait les dégâts. Non seulement il s’est rendu à Tachkent pour conclure des accords importants avec le dirigeant ouzbek, mais il est aussi allé à Achgabat au Turkménistan où les longs entretiens qu’il a eus avec les dirigeants de cet État « neutre », surtout en matière énergétique, lui ont permis d’obtenir un succès inespéré. Il est même arrivé à persuader Saparmurat Niyazov, le chef despotique de cette république théocratique, d’assister à un prochain sommet de l’OCS et, pour la première fois en plusieurs années, à la rencontre des chefs de la Communauté des États indépendants (CEI) qui devait suivre&lt;a href="http://www.csis-scrs.gc.ca/fr/publications/commentary/com90.asp#_edn3" name="_ednref3"&gt;&lt;sup&gt;3&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;. Par la suite, Moscou a pu, entre autres, invoquer une entente sur le pétrole à long terme (25 ans) conclue avec le Turkménistan pour résoudre les problèmes que posait l’accord controversé que les Russes avaient signé avec l’Ukraine en matière d’approvisionnement en pétrole.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Le fait est que les forces russes avaient depuis longtemps bien fait comprendre qu’elles appuieraient l’administration locale en cas de conflit politique interne, alors que les forces américaines, elles, ne le feraient manifestement pas. Anciens premiers secrétaires du Parti communiste de l’Union soviétique (PCUS), Karimov et Niyazov se méfient d’instinct de l’Occident et savent exactement à quoi s’en tenir avec la Russie.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;La Russie ne s’ingère pas dans les affaires militaires de l’Asie centrale pour la première fois, car elle a déjà intégré des éléments de ses forces militaires dans les armées d’Arménie et du Bélarus. Depuis quelques années déjà, de 14 000 à 17 000 soldats russes (201&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Division des fusiliers motorisés) sont basés au Tadjikistan le long de la frontière afghane. Les documents juridiques rendant permanente la nouvelle base aérienne de Kant ont été signés l’an dernier&lt;a href="http://www.csis-scrs.gc.ca/fr/publications/commentary/com90.asp#_edn4" name="_ednref4"&gt;&lt;sup&gt;4&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; . Cette base aérienne qui accueillera sous peu la nouvelle force de déploiement rapide de l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) (voir la section qui suit) confère à la présence militaire russe en Asie centrale une apparence de permanence nettement plus grande que toute présence occidentale éventuelle et assure aux pays membres de l’OTSC une défense sur tous les fronts.&lt;/p&gt;  &lt;h2&gt;   &lt;!-- UP START --&gt;    &lt;p align="right"&gt;&lt;a href="http://www.csis-scrs.gc.ca/fr/publications/commentary/com90.asp#top"&gt;&lt;img src="http://www.csis-scrs.gc.ca/images/bluearrow_up.gif" alt="Haut" border="0" height="10" width="21" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;a href="http://www.csis-scrs.gc.ca/fr/publications/commentary/com90.asp#top"&gt;Haut&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;!-- UP END --&gt;  &lt;/h2&gt;  &lt;h2&gt;Les institutions officielles d’Asie centrale et leurs liens avec la Russie&lt;a href="http://www.csis-scrs.gc.ca/fr/publications/commentary/com90.asp#_edn5" name="_ednref5" class="style1"&gt;&lt;sup&gt;5&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; &lt;/h2&gt;  &lt;p&gt;À noter que certains des titres correspondent – et ce n’est pas le fruit du hasard – à ceux de l’OTAN et du prédécesseur de l’Union européenne (UE), la Communauté économique européenne.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;1) &lt;u&gt;La Communauté des États indépendants&lt;/u&gt; (CEI), créée en décembre 1991, se compose de 12 des anciennes républiques soviétiques, y compris les quatre États de l’Asie centrale et le Kazakhstan. La Russie en est la puissance dominante&lt;a href="http://www.csis-scrs.gc.ca/fr/publications/commentary/com90.asp#_edn6" name="_ednref6"&gt;&lt;sup&gt;6&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;2) &lt;u&gt;L’Organisation du Traité de sécurité collective&lt;/u&gt; (OTSC) a vu le jour en 1994 dans le cadre de la CEI. Initialement connue sous le nom de &lt;u&gt;Pacte de sécurité collective&lt;/u&gt;, elle a adopté son nom actuel en mai 2002. Trois États s’en sont retirés en 1999. Elle comprenait à l’origine la Russie, le Bélarus, le Kazakhstan, le Kirghizistan et le Tadjikistan. L’Ouzbékistan a demandé de redevenir membre de l’OTSC en août 2005. Le 11 octobre 2005, le secrétaire général de l’OTSC, Nikolai Bordyuzha, a dit qu’un « important regroupement de forces » serait créé à partir des États membres pour défendre l’Asie centrale. Cela ne s’est pas encore produit, mais les estimations des nombres, des ressources et des types de formation ont été clarifiées en 2006. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;3) &lt;u&gt;La Communauté économique eurasienne&lt;/u&gt; (CEE) a vu le jour sous le nom d’&lt;u&gt;Union douanière&lt;/u&gt; en 1995 et comprend aujourd’hui la Russie, le Bélarus, le Kazakhstan, le Kirghizistan et le Tadjikistan. L’Ouzbékistan a demandé d’en faire partie la première semaine d’octobre 2005 et la demande de la Moldavie est à l’étude. L’Inde assiste régulièrement aux rencontres de la CEE, mais à titre d’observateur non officiel et non invité. En octobre 2005, la CEE fusionnait avec l’Organisation de coopération centrasiatique à Almaty et invitait l’Ouzbékistan à la table des négociations. L’Ouzbékistan est devenu membre officiel de la CEE en janvier 2006. Environ 90 pour cent des droits à l’importation et à l’exportation avaient été harmonisés en 2006. Une union douanière est en voie de réalisation.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;4) &lt;u&gt;L’Organisation de coopération de Shanghai&lt;/u&gt; (OCS) a vu le jour en 1996 sous le nom de Groupe de Shanghai (Russie, Chine, Kazakhstan, Tadjikistan, Kirghizistan). En juin 2001, l’Ouzbékistan se joignait à ce regroupement qui adoptait alors le nom de Forum de Shanghai. L’OCS a adopté son nom actuel lorsqu’elle s’est donné une charte officielle en 2003. La même année, l’ONU l’a reconnue en tant qu’organisation régionale. En janvier 2004, l’OCS a ouvert son secrétariat permanent à Beijing ainsi qu’un centre antiterroriste régional à Tachkent. Ce centre remplace les rencontres sur l’Asie centrale que tenaient régulièrement les ministères de la Défense de la CEI et/ou de l’OTSC.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;À une réunion qui s’est tenue à Astana en juillet 2005, l’Inde, le Pakistan et l’Iran se sont vu conférer le statut d’observateur officiel. La Mongolie jouit de ce statut depuis 2004 et le Bélarus l’a demandé en 2006. Si les Bélarussiens obtiennent ce statut, l’OCS se trouvera aux frontières de l’OTAN. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;En octobre 2005, des rumeurs ont commencé à circuler selon lesquelles l’OCS pourrait devenir la base d’une alliance militaire (&lt;em&gt;Interfax&lt;/em&gt;, 26 octobre 2005) servant surtout de force stabilisatrice dans la région de plus en plus instable. La création d’une alliance militaire est peu probable, mais l’OCS a déclaré publiquement qu’en matière militaire elle cherchait à assurer la stabilité des gouvernements en place dans la région et, même si elle ne l’a pas dit, à empêcher les États-Unis et l’OTAN d’essayer de le faire. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;   &lt;!-- UP START --&gt;    &lt;/p&gt; &lt;p align="right"&gt;&lt;a href="http://www.csis-scrs.gc.ca/fr/publications/commentary/com90.asp#top"&gt;&lt;img src="http://www.csis-scrs.gc.ca/images/bluearrow_up.gif" alt="Haut" border="0" height="10" width="21" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;a href="http://www.csis-scrs.gc.ca/fr/publications/commentary/com90.asp#top"&gt;Haut&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;  &lt;!-- UP END --&gt;   &lt;p&gt;En mars 2006, lorsque la Russie et la Chine ont resserré leur partenariat stratégique, elles ont déclaré publiquement que l’OCS leur servirait de principal organe de liaison. (Toutefois, toutes les ententes et les associations entre les deux pays demeureraient en vigueur).&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;La première rencontre officielle des ministres de la Défense de l’OCS s’est tenue à Beijing en avril 2006. Dans la précipitation des communiqués de presse diffusés avant et après cette rencontre, les principaux messages étaient les suivants : le terrorisme, le séparatisme et l’extrémisme faisaient peser des menaces sur le monde entier, et le secrétariat de l’OCS devrait travailler de concert avec le centre antiterroriste régional en vue de combattre ces trois « fléaux ». Un représentant du ministère des Affaires étrangères de Russie a dit à cet égard qu’il fallait « se mettre sur la même longueur d’onde ».&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Lors des sommets que l’OCS a tenus en juin (Shanghai) et septembre (Duchanbe) 2006, il s’est dégagé un large consensus sur la création d’un club énergétique. Les participants ont discuté d’un projet de construction d’un gazoduc irano-pakistano-indien auquel participerait le vaste consortium russe Gazprom. Dans une déclaration que ses membres signaient en juin 2006, l’OCS s’engageait à combattre les « trois fléaux que représentent le terrorisme, le séparatisme et l’extrémisme ». Outre les représentants des pays membres et observateurs, le plus récent des sommets de l’OCS ayant réuni les premiers ministres à Duchanbe le 15 septembre 2006 a attiré le vice-président d’Afghanistan et le secrétaire général de la CEE. Bien qu’il reste à y apporter la dernière main, les mesures énergétiques collectives comportent certes des implications pour les cartels internationaux de l’énergie comme l’OPEP et les producteurs individuels comme le Canada, ainsi que des répercussions non moins importantes sur les scènes politique et stratégique du monde&lt;a href="http://www.csis-scrs.gc.ca/fr/publications/commentary/com90.asp#_edn7" name="_ednref7"&gt;&lt;sup&gt;7&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt; L’OCS entretient des relations officielles avec l’ONU, la CEI et l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est. En outre, elle a un groupe de travail spécial sur l’Afghanistan. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;5) C’est Evgenii Primakov, ministre des Affaires étrangères de Russie et ancien premier ministre pendant peu de temps dans les années 90, qui a eu l’idée d’un &lt;u&gt;axe Moscou-New Delhi-Beijing&lt;/u&gt; officiel. L’idée a ensuite été reprise par le premier ministre Mikhail Kasyanov (2000) et le ministre Igor Ivanov des Affaires étrangères (2002), et plusieurs fois aussi par Sergei Lavrov qui a succédé à Ivanov. Ce dernier s’emploie ouvertement depuis janvier 2005 à donner à cette stratégie un caractère semi-officiel. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;On a négocié un calendrier de rencontres à intervalles réguliers entre les chefs des trois États de même qu’entre leurs ministres des Affaires étrangères et de la Défense. En mars 2006, les trois ministres des Affaires étrangères se sont rencontrés à Moscou expressément pour coordonner leurs positions concernant les affaires internationales. La sécurité régionale figurait au premier point de leur ordre du jour. Au sujet des entretiens trilatéraux, les représentants du ministère des Affaires étrangères de Russie ont de nouveau dit qu’il fallait « se mettre sur la même longueur d’heure ».&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Au milieu de 2005, on disait que les mécanismes nécessaires pour assurer des relations étroites entre les services frontaliers, les organismes d’application de la loi et les forces spéciales des États membres du CSTD, de la CEE et de l’OCS étaient en place (RF MID, &lt;em&gt;Daily News Bulletin&lt;/em&gt;, 8 et 23 juin 2005).&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Le sommet que les chefs d’État des pays membres de la CEE ont tenu à Sochi en août 2006 a permis de faire le point sur l’influence grandissante de la Russie en Asie centrale. Un certain nombre de projets dont la CEE discutait depuis longtemps y ont finalement pris une espèce de forme officielle.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;La Russie, le Bélarus et le Kazakhstan ont signé le texte juridique de base en vue de la création d’une union douanière. Un marché énergétique commun a fait l’objet d’un consensus. Des représentants de la CEE et de l’OTSC se sont rencontrés à ce sommet et ont promis d’améliorer les communications entre leurs organismes respectifs ainsi qu’avec l’OCS, ce qui signifie entre autres que le président Robert Kocharyan d’Arménie était présent et a parlé aux dirigeants de la CEE au nom de l’OTSC. L’Ouzbékistan a été officiellement accueilli au sein de l’OTSC qu’il avait quittée en 1999. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;En août 2006 donc, la géostratégie que Brzezinski avait élaborée pour l’Asie centrale ne tenait plus la route et la Russie était redevenue la puissance dominante dans la région. &lt;/p&gt;  &lt;h2&gt;   &lt;!-- UP START --&gt;    &lt;p align="right"&gt;&lt;a href="http://www.csis-scrs.gc.ca/fr/publications/commentary/com90.asp#top"&gt;&lt;img src="http://www.csis-scrs.gc.ca/images/bluearrow_up.gif" alt="Haut" border="0" height="10" width="21" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;a href="http://www.csis-scrs.gc.ca/fr/publications/commentary/com90.asp#top"&gt;Haut&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;!-- UP END --&gt;  &lt;/h2&gt;  &lt;h2&gt;Avantage Russie en Asie centrale&lt;/h2&gt;  &lt;p&gt;Ces événements, et bien d’autres encore qui lui sont liés, montrent clairement que dans tout « grand match » disputé en Asie centrale, la Russie possède un net avantage sur les États-Unis, l’OTAN et l’UE, du moins pour le moment. Cet avantage tient à un certain nombre de facteurs, manifestes pour la plupart :&lt;/p&gt;  &lt;ul&gt; &lt;li&gt;La proximité.&lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;  &lt;/li&gt;&lt;li&gt; D’ancien premiers secrétaires du PCUS dirigent toujours la plupart des pays d’Asie centrale.&lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;  &lt;/li&gt;&lt;li&gt;Le chaos qui se poursuit en Afghanistan fait toujours peser une menace sur le Kirghizistan, l’Ouzbékistan et le Tadjikistan. En outre, la Fédération de Russie et la Chine représentent toutes deux un rempart plus fiable contre l’extrémisme religieux et le séparatisme que celui que les États-Unis ou les pays membres de l’OTAN peuvent ou voudraient offrir.&lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;  &lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les émissions de télévision en russe continent d’être les plus populaires dans la région et le russe sert souvent de langue franque lors des activités administratives et culturelles.&lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;  &lt;/li&gt;&lt;li&gt;L’islam, qui est la religion pratiquée en Asie centrale, vient au deuxième rang en Russie où il peut compter jusqu’à 28 millions d’adeptes sur une population de 142 millions d’habitants&lt;a href="http://www.csis-scrs.gc.ca/fr/publications/commentary/com90.asp#_edn8" name="_ednref8"&gt;&lt;sup&gt;8&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;  &lt;/li&gt;&lt;li&gt; Vestiges de l’économie soviétique intégrée, les liens en matière de commerce, de transport et de transit demeurent essentiels à la survie économique. De plus, d’importants investissements dans des projets d’hydroélectricité et d’irrigation ainsi que dans l’infrastructure de transport assurent une forte présence russe.&lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;     &lt;/li&gt;&lt;li&gt; Il existe dans la région une conception commune de la stabilité, exprimée habituellement dans des discours antiterroristes contre l’extrémisme islamique (wahhabisme), et du séparatisme, que tous les pays d’Asie centrale de même que la Russie, la Chine et l’Inde identifient au terrorisme. Cette analogie est juste en partie, car la plupart des manifestations du séparatisme en Asie centrale et dans les pays avoisinants commencent par des actes de violence au lieu de se terminer dans la violence. L’extrémisme religieux et le séparatisme font peser sur les pays d’Asie centrale une menace plus grande que toute révolution « de couleur », mais bon nombre de personnes soupçonnent l’Occident de fomenter des révolutions « démocratiques » dans la région. La Russie et les pays d’Asie centrale conçoivent le terrorisme de façon semblable, coordonnent étroitement leur lutte contre le terrorisme et qualifient généralement de « wahhabisme » toute forme d’extrémisme de manière à canaliser leurs efforts sur une seule cible.&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt;  &lt;h2&gt;Améliorations récentes&lt;/h2&gt;  &lt;p&gt;La tendance vers le resserrement se poursuit. Le 28 septembre 2006 par exemple, les directeurs du Service fédéral de sécurité de Russie et du Service de sécurité nationale d’Ouzbékistan se sont rencontrés à Moscou pour signer un certain nombre d’ententes de coopération. Le même jour se rencontraient à Beijing, dans le cadre du premier « dialogue stratégique », une cinquantaine d’« experts » haut placés d’ONG, de groupes de réflexion et d’organismes de planification stratégique de Chine et de Russie pour discuter du resserrement de la coopération sur les plans national et international. Deux jours avant cette rencontre, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (Conférence d’Helsinki) a tenu un congrès à Washington pour examiner l’importance de l’OCS aux yeux des Américains. Au nombre des personnes qui ont pris la parole lors du congrès figurait le secrétaire d’État adjoint des États-Unis pour les Affaires de l’Asie méridionale et de l’Asie centrale, Richard Boucher, qui a indiqué que la politique américaine consistait à traiter avec chaque pays d’Asie centrale séparément ainsi qu’avec « les organisations multilatérales qui partagent nos objectifs en Asie centrale ». Richard Boucher n’a pas précisé sa position à l’égard de l’OCS, mais il a bien fait comprendre qu’il ne voulait pas accorder trop de légitimité à l’OCS en traitant directement avec elle. Il a ajouté que l’OCS devait faire l’objet d’une surveillance étroite&lt;a href="http://www.csis-scrs.gc.ca/fr/publications/commentary/com90.asp#_edn9" name="_ednref9"&gt;&lt;sup&gt;9&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;C’est précisément la façon dont a procédé il a presqu’un an Robert Simmons, qui était alors l’envoyé de l’OTAN au Caucase du Sud et en Asie centrale, lorsqu’il a rejeté la proposition de Lavrov invitant l’OTAN à coopérer avec l’OTSC à titre de partenaire. La Russie croyait représenter l’OTSC au Conseil OTAN-Russie. Robert Simmons a dit que l’OTAN préférerait traiter séparément avec chaque pays membre de l’OTSC (&lt;em&gt;Interfax&lt;/em&gt;, 2 novembre 2005). &lt;/p&gt;  &lt;h2&gt;   &lt;!-- UP START --&gt;    &lt;p align="right"&gt;&lt;a href="http://www.csis-scrs.gc.ca/fr/publications/commentary/com90.asp#top"&gt;&lt;img src="http://www.csis-scrs.gc.ca/images/bluearrow_up.gif" alt="Haut" border="0" height="10" width="21" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;a href="http://www.csis-scrs.gc.ca/fr/publications/commentary/com90.asp#top"&gt;Haut&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;!-- UP END --&gt;  &lt;/h2&gt;  &lt;h2&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;  &lt;p&gt;Aux fins des observations qui suivent, il convient de prendre en considération que la Russie en général et Vladimir Poutine en particulier préféreraient toujours faire partie intégrante du concert des nations occidentales.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;1) Dirigé par le président Poutine, l’élargissement de l’influence de la Russie dans tous les pays d’Asie centrale présente des aspects multiples et est d’envergure nettement plus grande qu’on ne le croit, du moins dans la population en général. En effet, il est a) &lt;u&gt;institutionnalisé&lt;/u&gt;, par les organisations multilatérales susmentionnées; b) &lt;u&gt;économique&lt;/u&gt;, par la CEE et une foule d’accords commerciaux et d’investissement à long terme bilatéraux, multilatéraux et organisationnels (les pipelines énergétiques servant de « treillis » à cette structure économique); c) &lt;u&gt;militaire&lt;/u&gt;, par l’OTSC et des transactions d’armes (à tarifs spéciaux) et des exercices militaires bilatéraux de grande envergure; d) &lt;u&gt;culturel&lt;/u&gt;, par la langue russe et la présence d’une importante diaspora russe; e) &lt;u&gt;politique et idéologique&lt;/u&gt;, par la présence d’anciens premiers secrétaires du PCUS et de hauts fonctionnaires au sein des administrations et des bureaucraties d’Asie centrale. Enfin, l’élargissement de l’influence russe est axé sur la sécurité, pour des raisons évidentes. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;2) Le facteur chinois pourrait un jour bousculer les ambitions que nourrissent actuellement les Russes à l’égard de l’Asie centrale. En d’autres termes, le « grand match » pourrait fort bien se disputer entre la Russie en tant que puissance asiatique et la Chine, plutôt qu’entre la Russie et l’Occident. Comme le Canada a des liens importants avec tant les Chinois que les Russes, surtout sur la côte ouest du pays, cette possibilité signifie qu’il doit suivre la situation de très près pour son propre bien. La Russie devrait être un meilleur intermédiaire pour l’échange d’informations et la coopération en matière de terrorisme, de trafic des stupéfiants et de crime organisé que la Chine ne le sera jamais.&lt;/p&gt;   &lt;p&gt;3) Pour l’heure, la Russie doit aussi se garder de considérer la plupart des pays d’Asie centrale comme de simples États « clients ». En effet, bien qu’elle ait de nombreux intérêts en commun avec eux, la Russie ne peut se permettre d’appuyer des pays de plus en plus despotiques, car il est trop risqué qu’ils éclatent et créent un effet d’entraînement. La sécurité de la Russie dans l’Est ne peut être assurée que si les organisations susmentionnées jouent un rôle véritablement permanent, constructif et modificatif. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;4) La façon de procéder proposée par Robert Simmons et Richard Boucher relève peut-être du « trop peu, trop tard ». &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Il vaudrait peut-être mieux maintenant resserrer – par l’entremise de la Russie – nos liens directs avec l’OTSC et l’OCS dans le but exprès de lutter contre le terrorisme, le trafic des stupéfiants et le crime organisé. Vu que les relations entre Moscou et Washington sont quelque peu tendues, d’une part, et que la Russie et l’UE ont déjà conclu un partenariat spécial&lt;a href="http://www.csis-scrs.gc.ca/fr/publications/commentary/com90.asp#_edn10" name="_ednref10"&gt;&lt;sup&gt;10&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;, d’autre part, le Canada est peut-être le pays le mieux placé pour faire reconnaître davantage, et surtout ouvertement, l’OCS, l’OTSC et la CEE en tant qu’importantes organisations régionales. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Le Canada et ses alliés pourraient eux-mêmes profiter des mécanismes en constante évolution qui servent à lutter contre le terrorisme, le trafic des stupéfiants et le crime organisée dans la région à l’étude. Ils pourraient même aider à donner forme à ces mécanismes. Il s’agit en fait de s’attaquer à la racine même des fléaux que représentent le terrorisme, le trafic des stupéfiants et le crime organisé. Qui plus est, vu la perspective que ces organisations servent de plate-forme collective dominée par la Russie à la vaste industrie énergétique d’Eurasie et d’Asie centrale, il incombe au Canada d’examiner de près les répercussions qu’elle pourrait avoir sur son propre secteur de l’énergie.&lt;/p&gt;  &lt;h2&gt;Mot de la fin&lt;/h2&gt;  &lt;p&gt;En Russie, certaines forces lancent des appels en faveur de la renaissance de l’ancien empire soviétique, et certains nationalistes réclament à grands cris que le Kremlin rétablisse la domination qu’il exerçait jadis par la force sur l’Asie centrale. Au nombre de ces forces et de ces nationalistes figurent des mouvements généraux comme les eurasianistes, quelques partis politiques (le Parti démocratique libéral de Zhirinovskii et, dans une certaine mesure, le Parti communiste) et une poignée d’anciens partisans de la Guerre froide. Toutefois, ils n’arrivent à convaincre ni la majorité des Russes ni le gouvernement russe. Si le président Poutine met l’accent sur l’Asie centrale, c’est en raison de ce que le président du Conseil pour les politiques étrangère et de défense, Sergei Karaganov, qualifie de « notre point faible », à savoir la déstabilisation au sud (&lt;em&gt;Rossiiskaia Gazeta&lt;/em&gt;, 21 décembre 2005). Les intérêts stratégiques naturels et historiques constituent de loin les moteurs les plus puissants, et logiques, de la &lt;em&gt;Drang nach Osten&lt;/em&gt; russe. Nous aurions intérêt à reconnaître cette réalité stratégique et à « nous mettre au travail ».&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;L’influent Karaganov a aussi laissé entendre que ce serait une bonne idée d’inviter les États-Unis à assister aux rencontres de l’OCS à titre d’observateur, mais cela ne se produira vraisemblablement pas dans un proche avenir&lt;a href="http://www.csis-scrs.gc.ca/fr/publications/commentary/com90.asp#_edn11" name="_ednref11"&gt;&lt;sup&gt;11&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;. Par ailleurs, le Canada constituerait un choix intéressant comme observateur à l’OCS en raison des relations particulières qu’il entretient depuis longtemps avec la Russie, la Chine et l’Inde, de la lutte qu’il mène lui aussi contre le trafic des stupéfiants, le crime organisé et le terrorisme international et de son propre statut en tant que nouvelle puissance énergétique. &lt;/p&gt;  &lt;hr /&gt; &lt;p&gt;&lt;a href="http://www.csis-scrs.gc.ca/fr/publications/commentary/com90.asp#_ednref1" name="_edn1"&gt;&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; L’essai a été adopté à partir de l’ouvrage de Brzezinski qui n’avait pas encore été publié et qui s’intitule The Grand Chessboard: American Primacy and Its Geostrategic Imperatives (Basic Books, 1997). Pour une revue quelque peu farfelue, mais intéressante, où les écrits de Brzezinski sont rattachés à des événements survenus par la suite, voir l’ouvrage de Michael C. Ruppert intitulé « A War in the Planning for Four Years », From the Wilderness Paper (2001). Ruppert est un ancien représentant du ministère de la Défense d’Allemagne et de l’OTAN. Brzezinski a été conseiller en matière de sécurité nationale auprès de Jimmy Carter de 1977 à 1981 et membre du Foreign Intelligence Advisory Board de Ronald Reagan. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="http://www.csis-scrs.gc.ca/fr/publications/commentary/com90.asp#_ednref2" name="_edn2"&gt;&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; Voir par exemple les programmes de travail annuels de partenariat et les documents de l’OTAN sur le Partenariat pour la paix. www.NATO.Int&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="http://www.csis-scrs.gc.ca/fr/publications/commentary/com90.asp#_ednref3" name="_edn3"&gt;&lt;sup&gt;3&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; Le président à vie Niyazov, qui se fait appeler le Turkmenbashi (père de tous les Turkmènes de souche), avait unilatéralement abaissé le statut du Turkménistan au sein de la CEI en août, deux mois seulement avant la visite de Lavrov. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="http://www.csis-scrs.gc.ca/fr/publications/commentary/com90.asp#_ednref4" name="_edn4"&gt;&lt;sup&gt;4&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; Les bases temporaires de l’OTAN à Termez en Ouzbékistan ainsi qu’à Kulob et près de Duchanbe au Tadjikistan sont utilisées par les forces allemandes, néerlandaises et françaises.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="http://www.csis-scrs.gc.ca/fr/publications/commentary/com90.asp#_ednref5" name="_edn5"&gt;&lt;sup&gt;5&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; La Russie est aussi membre actif de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est, avec laquelle elle a tenu son premier sommet en décembre 2005, de la Coopération économique Asie-Pacifique, du Dialogue de coopération de l’Asie, auquel elle s’est jointe en avril 2005, et, depuis octobre 2003, de l’Organisation de la conférence islamique. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;sup&gt;&lt;a href="http://www.csis-scrs.gc.ca/fr/publications/commentary/com90.asp#_ednref6" name="_edn6"&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; À l’époque soviétique, le Kazakhstan n’était pas considéré comme un État d’Asie centrale, mais il l’est généralement aujourd’hui. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="http://www.csis-scrs.gc.ca/fr/publications/commentary/com90.asp#_ednref7" name="_edn7"&gt;&lt;sup&gt;7&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; La rencontre que les premiers ministres de l’OCS ont tenue en septembre de cette année, à Duchanbe, était leur cinquième. Ils ont planifié le forum économique du Baïkal qui devait se tenir à Irkoutsk à la fin du mois et demandé au Kazakhstan et à la Russie de mener une étude de faisabilité sur le projet de club énergétique. Ils se sont aussi entendus sur une plus grande intégration au sein de la CEE. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="http://www.csis-scrs.gc.ca/fr/publications/commentary/com90.asp#_ednref8" name="_edn8"&gt;&lt;sup&gt;8&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; Les données varient grandement. D’après le Département d’État américain, la Russie comptait de 25 à 28 millions d’adeptes de l’islam en 2005, soit 15 à 20 % de la population. C’est l’importance de ce nombre qui a permis à la Russie de se joindre à l’Organisation de la conférence islamique en 2003. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="http://www.csis-scrs.gc.ca/fr/publications/commentary/com90.asp#_ednref9" name="_edn9"&gt;&lt;sup&gt;9&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; Intitulé The Shanghai Cooperation Organization: Is It Undermining U.S. Interests in Central Asia?, le témoignagne de Richard Boucher à la Conférence d’Helsinki le 26 septembre 2006 a été résumé par Heather Maher à l’intention de Radio Free Europe/ Radio Liberty (27 septembre 2006).&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="http://www.csis-scrs.gc.ca/fr/publications/commentary/com90.asp#_ednref10" name="_edn10"&gt;&lt;sup&gt;10&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; D’une durée de dix ans, l’Accord de partenariat et de coopération entre la Russie et l’UE doit être renouvelé, revu ou annulé en décembre 2007.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;a href="http://www.csis-scrs.gc.ca/fr/publications/commentary/com90.asp#_ednref11" name="_edn11"&gt;&lt;sup&gt;11&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; La Rossiiskaia Gazeta (21 décembre 2005) est une publication du gouvernement russe. Un auteur a soutenu que les États-Unis ont bel et bien demandé le statut d’observateur au sein de l’OCS et que leur demande a été rejetée, mais je ne peux trouver aucune source à cet égard. Voir le texte de Shaun Walker intitulé Shanghai Cooperation Organization Reaches a Milestone, Russia Profile ,vol. 3, no 8 (octobre 2006), p. 23.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt; &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;strong&gt;J. Larry Black, professeur émérite, directeur, Centre for Research on Canadian-Russian Relations, Georgian College, Barrie, Ontario.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;   &lt;!-- UP START --&gt;    &lt;p align="right"&gt;&lt;a href="http://www.csis-scrs.gc.ca/fr/publications/commentary/com90.asp#top"&gt;&lt;img src="http://www.csis-scrs.gc.ca/images/bluearrow_up.gif" alt="Haut" border="0" height="10" width="21" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;a href="http://www.csis-scrs.gc.ca/fr/publications/commentary/com90.asp#top"&gt;Haut&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;  &lt;!-- UP END --&gt;         &lt;hr /&gt;        &lt;p&gt;Les documents de la série &lt;em&gt;Commentaire&lt;/em&gt; sont publiés par la Direction de l'évaluation du renseignement (DER) du SCRS. Ces documents contiennent des renseignements non classifiés sur des sujets d'actualité relatifs à la sécurité du Canada. Ils sont rédigés par des analystes stratégiques et des spécialistes du renseignement de sécurité.&lt;/p&gt;         &lt;p&gt;La publication de &lt;em&gt;Commentaire&lt;/em&gt; a pour objet de stimuler un débat public sur des questions rattachées à la sécurité nationale. &lt;/p&gt;         &lt;p&gt; Si vous souhaitez être informé automatiquement de la parution des nouveaux documents de la série &lt;em&gt;Commentaire&lt;/em&gt; sur le site Web du Service, vous pouvez vous inscrire au site &lt;a href="http://www.csis-scrs.gc.ca/fr/newsroom/xml.asp"&gt;&lt;strong&gt;RSS d’alimentation en nouvelles&lt;/strong&gt; du SCRS&lt;/a&gt;. &lt;/p&gt;         &lt;p&gt;&lt;em&gt;Commentaire&lt;/em&gt; est également offert en version imprimée. Pour ajouter votre nom à notre liste d'envois, veuillez communiquer avec :&lt;/p&gt;         &lt;p&gt;La rédactrice&lt;br /&gt;  Commentaire&lt;br /&gt;  Direction de l'évaluation du renseignement&lt;br /&gt;  Case postale 9732&lt;br /&gt;  Succursale 'T'&lt;br /&gt;  Ottawa (Ontario)&lt;br /&gt;  K1G 4G4&lt;br /&gt;  Canada&lt;/p&gt;         &lt;p&gt;Téléphone : 613-231-0100&lt;br /&gt;  Télécopieur : 613-231-0612&lt;/p&gt;         &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avertissement :&lt;/strong&gt; Le fait qu'un article soit publié dans &lt;em&gt;Commentaire&lt;/em&gt; ne signifie pas que le SCRS a confirmé l'authenticité des informations qui y sont contenues ni qu'il appuie les opinions de l'auteur.&lt;/p&gt;         &lt;p&gt;ISSN 1192-277X&lt;br /&gt;      N° de catalogue JS73-1/90&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/35848064-441092343825036863?l=batiouchka.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://batiouchka.blogspot.com/feeds/441092343825036863/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=35848064&amp;postID=441092343825036863' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/35848064/posts/default/441092343825036863'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/35848064/posts/default/441092343825036863'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://batiouchka.blogspot.com/2007/03/pousse-de-la-russie-vers-lest.html' title='Poussée de la Russie vers l’Est'/><author><name>Gortchov</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13488334039671889458</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-35848064.post-982778939686792989</id><published>2007-03-31T00:08:00.000+02:00</published><updated>2007-03-31T00:09:20.753+02:00</updated><title type='text'>"Le monde est en train de perdre la guerre du terrorisme"</title><content type='html'>&lt;span class="text"&gt; &lt;b&gt;"Taire le fait que les leçons du 11 septembre n'ont pas été comprises ou ont été mal comprises serait irresponsable à la fois vis-à-vis des victimes et du point de vue de la déontologie." – A titre documentaire, nous publions l'analyse de Sergueï Karaganov, président du praesidium du Conseil en charge de la politique extérieure et de défense de la Fédération de Russie, texte dont la traduction française nous a aimablement été communiqué par l'agence Novosti. Il nous offre en effet un très utile aperçu sur la réflexion stratégique au sujet du terrorisme en Russie.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt; &lt;blockquote&gt;&lt;span class="text"&gt;              &lt;table align="right" border="0" cellpadding="6" cellspacing="2" width="301"&gt;                 &lt;tbody&gt;&lt;tr&gt;                    &lt;td&gt;&lt;img src="http://www.terrorisme.net/up/211_wtc.jpg" border="1" height="196" width="301" /&gt;&lt;/td&gt;                 &lt;/tr&gt;                 &lt;tr&gt;                    &lt;td&gt;&lt;span class="textxxs"&gt;Copyright 2006 Brandon Jennings (via iStockPhotos).&lt;/span&gt;&lt;/td&gt;                 &lt;/tr&gt;               &lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt; Je n'ai pas voulu écrire cet article au moment de l'anniversaire de l'attentat monstrueux du 11 septembre 2001. Sa grande idée - le monde est en train de perdre la guerre du terrorisme - aurait fait l'effet d'une dissonance inconvenante sur la toile de fond de l'évocation amère des nombreuses victimes innocentes qui avaient trouvé la mort ce jour-là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais taire le fait que les leçons du 11 septembre n'ont pas été comprises ou ont été mal comprises serait irresponsable à la fois vis-à-vis des victimes et du point de vue de la déontologie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La guerre contre le terrorisme n'est pas perdue sur touts les fronts. Elle connaît aussi quelques victoires. Tactiques il est vrai, pour la plupart d'entre elles. Nous avons livré en Tchétchénie le premier combat contre l'expansion du terrorisme islamiste belliqueux et nous l'avons gagné, à un prix monstrueux il est vrai. Les projets de création d'un califat islamique s'étendant de la mer Noire à la Caspienne, et qui aurait probablement remonté la Volga par la suite, ont été mis en échec. Ceux qui, en Russie, penchaient en faveur de la branche agressive de l'islam et recevaient un soutien externe ont reçu une cruelle leçon. Il n'y a plus, à ma connaissance, de medersa wahhabite en Russie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une bataille a été gagnée, mais pas la guerre. La Russie s'est engagée dans la voie d'une dissuasion militaro-psychologique de l'extrémisme et du séparatisme. Mais très peu de choses ont été entreprises en vue de tarir leurs sources: la misère, le faible niveau de développement dans plusieurs régions du Caucase septentrional peuplées majoritairement de musulmans russes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Américains ont, pour leur part, remporté deux victoires tactiques. Avec notre aide et celle de l'Iran, ils ont défait les talibans qui déferlaient inexorablement sur les républiques du Sud de l'ex-URSS. Al-Qaïda a été privée de nombreuses bases. Mais l'organisation n'a pas disparu, n'a pas été détruite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'autre victoire tactique de Washington, c'est d'avoir réussi à éviter la répétition de la tragédie du 11 septembre, en s'appuyant sur des mesures de sécurité intérieure qui ont fortement entamé l'attrait pour la société américaine. D'avoir réussi, pour l'instant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les services secrets ont pu, chacun de leur côté ou ensemble, parfois, éviter un nombre non négligeable d'attentats en Russie et dans d'autres pays européens. Mais un nombre tout aussi peu négligeable d'attentats terribles a eu lieu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais l'essentiel n'est pas là. Les Américains ont décidé qu'il fallait combattre le terrorisme en imposant de force la démocratie et ils sont entrés en Irak.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Politiquement, ils ont déjà perdu la guerre. Le pays s'est enfoncé pour des années dans le gouffre de la guerre civile, s'est transformé en un vaste polygone formant les futurs terroristes de tous poils. Lorsque les Américains partiront, et il ne s'agit pas d'un événement si lointain, toute cette internationale terroriste commencera à se disperser dans toutes les directions. Dans notre direction aussi, je le crains.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui était déjà une évidence avant, est bien clair aujourd'hui: il est impossible de détruire des structures en réseau de type Al-Qaïda par des opérations militaires de grande envergure. Il semble au contraire qu'elles gagnent en volume.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Presque rien n'a été fait, ces dernières années, pour développer un vaste dialogue bien pensé entre les civilisations, pour contribuer à entraîner dans une modernisation douce les Etats et les élites du Proche-Orient musulman qui accusent un retard sur le monde du progrès. L'Occident, les dirigeants américains plutôt, n'ont pas trouvé le moyen de comprendre que les sentiments anti-occidentaux, anti-chrétiens, ne revêtaient pas pour la plupart d'entre eux un caractère culturel, de valeur, pas même un caractère religieux. Ben Laden ne se répand pas particulièrement en imprécations contre la culture occidentale. Cet état d'esprit est issu, pour une large part, de la politique manifestement injuste menée par l'Occident à l'égard des pays de cette région. Ce sentiment, multiplié par le retard historique de la région - je me suis maintes fois expliqué sur ses causes - fait naître un "syndrome de Weimar" musulman qui va en s'élargissant et en s'approfondissant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais l'Occident n'est pas le seul responsable de la montée des sentiments anti-occidentaux. Les émules de Ben Laden, qui se multiplient, ne font pas qu'être sur la défensive ou se venger. Ils passent aussi à l'offensive. Dans le but d'éradiquer l'influence militaro-politique occidentale, et extérieure plus généralement, sur le Grand Proche-Orient, de renverser les régimes islamiques relativement modérés et d'installer au pouvoir un islam politique radical.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le pire est qu'ayant compris que l'Occident était en train de perdre à cause des erreurs monstrueuses des Etats-Unis ou de l'inaction de fait de l'Europe, les pays occidentaux ont adopté une politique de défense sur le front idéologique également. Il ne s'agit pas de justifier les caricatures imbéciles du journal danois ou les récentes déclarations, pas vraiment politiquement correctes, du pape Benoît XVI sur "l'agressivité de l'islam". Mais présenter des excuses, au niveau officiel qui plus est, pour la bêtise ou des formulations imprécises avec, en toile de fond, les pogroms organisés qu'elles auraient soi-disant provoqués? Cette façon d'apaiser l'agresseur éveille l'appétit des islamistes belliqueux, leur donne l'impression qu'il est possible de vaincre l'Occident (et nous constituons à leurs yeux une partie de l'Occident, quoique plus faible et moins mal intentionnée).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le fait d'imposer de manière agressive et sans succès la démocratie, qui suscite protestations et moqueries, couplé au fait de calmer idéologiquement des revendications absurdes, tout particulièrement dans le cadre des torrents d'injures et de menaces proférées à l'encontre de l'Occident, de la chrétienté et du judaïsme par les religieux et les officiels du Grand Proche-Orient, font tout simplement figure d'infantilisme politique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que doit faire la Russie alors que le monde roule vers une guerre de civilisation à cause de ce mélange détonnant de messianisme démocratique et islamique, d'agressivité et d'apaisement? Tout d'abord, ne pas servir de champ de bataille pour cette guerre vers laquelle on nous pousse obligeamment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deuxièmement: développer au plus vite des structures de coopération et de sécurité pour la région de l'Asie centrale et du Moyen-Orient avec les pays qui n'ont pas encore accumulé les erreurs, qui jouissent de prestige. Cela concerne l'Inde et la Chine avant tout. L'Organisation de coopération de Shanghai peut combler le vide de méfiance et détourner la guerre des civilisations.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Troisièmement: lutter autant que faire se peut contre la prolifération des armes nucléaires dans la région du Grand Proche-Orient, avec tous les partenaires possibles mais pas à nos frais. Nous sommes opposés à ce que l'Iran devienne une puissance nucléaire, mais nous ne voulons ni ne pouvons nous permettre d'avoir ce pays pour ennemi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quatrièmement: si les armes nucléaires commencent à proliférer, tombent entre les mains de groupes irresponsables ou de terroristes, ce qui est assez probable à la suite, par exemple, d'une explosion politique et sociale prévisible au Pakistan, il faut être prêt à prendre les mesures les plus fermes. Les discours officiels rejettent le recours à l'arme nucléaire quelle que soit la situation mais je pense que nous n'avons pas le droit d'exclure cette possibilité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cinquièmement, enfin: il faut démultiplier les efforts pour atténuer le conflit, pour élargir le dialogue des civilisations, éviter d'être entraîné dans un conflit de civilisation. Nous devons adopter une politique de neutralité armée. Qui n'est jamais totale, comme on le sait. Il faut chercher à éviter une situation qui nous mettrait dans l'obligation de choisir. Nous avons déjà fait le choix une fois en Tchétchénie. Il serait vexant de devoir faire encore une fois ce type de choix à cause de la bêtise, du messianisme du fanatisme ou de l'escapisme politique des autres.&lt;/span&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;span class="text"&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;p align="right"&gt;Sergueï Karaganov&lt;/p&gt;&lt;/i&gt; &lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/35848064-982778939686792989?l=batiouchka.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://batiouchka.blogspot.com/feeds/982778939686792989/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=35848064&amp;postID=982778939686792989' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/35848064/posts/default/982778939686792989'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/35848064/posts/default/982778939686792989'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://batiouchka.blogspot.com/2007/03/le-monde-est-en-train-de-perdre-la.html' title='&quot;Le monde est en train de perdre la guerre du terrorisme&quot;'/><author><name>Gortchov</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13488334039671889458</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-35848064.post-1964282727758376638</id><published>2007-02-18T08:22:00.000+01:00</published><updated>2007-02-18T08:23:32.858+01:00</updated><title type='text'>Nouvelles campagnes de diffamation contre les défenseurs des droits de l’Homme</title><content type='html'>&lt;b&gt;&lt;p class="spip" align="justify"&gt;La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), dans le cadre de leur programme conjoint, l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, expriment leur plus vive préoccupation concernant de nouveaux actes de violence et de harcèlement à l’encontre des défenseurs des droits de l’Homme en Fédération de Russie.&lt;/p&gt;&lt;/b&gt;  &lt;p&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class="spip" align="justify"&gt; Ainsi, le 16 octobre 2006, à Nazran, les forces du ministère de l’Intérieur d’Ingouchie ont dispersé un rassemblement à la mémoire de la journaliste russe Mme Anna Politkovskaya, assassinée le 7 octobre 2006 à Moscou. Lorsque les quelque 50 000 manifestants ont commencé à se rassembler sur la place de l’Amitié à Nazran, les policiers leur ont arraché des mains leurs pancartes qui affichaient des photos de Mme Anna Politkovskaya, les ont déchirées et les ont jetées à terre. Plusieurs personnes ont été blessées, dont Mme Ekaterina Sokerianskaya, collaboratrice du bureau de Mémorial à Nazran, qui a eu le nez cassé après avoir été frappée. Elle a dû être conduite à l’hôpital.&lt;/p&gt;  &lt;p class="spip" align="justify"&gt;Plusieurs organisateurs de ce rassemblement ont été arrêtés et conduits au poste de police. Il s’agit notamment de M. Albert Khantygov, Mme Fatima Yandieva, Mme Zoya Mouradova et Mme Zarema Moukoucheva, représentants de Mémorial, et de M. Magomed Moutsolgov, responsable de l’Association des proches de personnes disparues "La Marche". Tous sont poursuivis pour « organisation d’une manifestation non autorisée ». Le porte-parole du ministère de l’Intérieur de la République d’Ingouchie a d’ailleurs précisé que cet événement n’avait pas été autorisé en raison du fort taux de criminalité dans cette République.&lt;/p&gt;  &lt;p class="spip" align="justify"&gt;Ces faits vont à l’encontre des instruments internationaux relatifs aux droits de l’Homme qui garantissent la liberté de rassemblement pacifique. Ils s’inscrivent également en violation de la législation russe, selon laquelle l’organisation de tels rassemblements ne requiert pas d’autorisation préalable. Seule une notification est requise et les organisateurs avaient informé les autorités à temps du lieu et de la date du rassemblement.&lt;/p&gt;  &lt;p class="spip" align="justify"&gt;Par ailleurs, l’Observatoire réitère sa plus vive inquiétude quant à la persistance de campagnes de diffamation visant les défenseurs des droits de l’Homme en Russie. Ainsi, le 13 octobre 2006, l’une des principales chaînes de télévision russes, NTV, a diffusé un reportage dans lequel les défenseurs des droits de l’Homme étaient assimilés à des terroristes. Plus particulièrement, M. Timur Aliev, coordinateur de l’Institute for War and Peace Reporting pour la Tchétchénie et éditeur en chef du journal indépendant Société tchétchène, a été présenté comme un collaborateur de M. Chamil Bassaev, ancien chef de guerre tchétchène assassiné en juillet 2006.&lt;/p&gt;  &lt;p class="spip" align="justify"&gt;Ces faits, qui illustrent un degré de répression et d’hostilité alarmant vis-à-vis des défenseurs des droits de l’Homme russes, interviennent seulement quelques jours après l’assassinat de Mme Anna Politkovsakaya, le 7 octobre 2006, les menaces de mort contre Mme Lida Yusupova, responsable du bureau de Memorial à Grozny (Tchétchénie), le 12 octobre 2006, et la fermeture de la Société d’amitié russo-tchétchéne (RCFS) le 13 octobre 2006 (cf. communiqué de presse de l’Observatoire du 16 octobre 2006).&lt;/p&gt;  &lt;p class="spip" align="justify"&gt;Dans ce contexte, l’Observatoire tient à souligner les déclarations de M. Oleg Orlov, responsable du centre de défense des droits de l’Homme "Mémorial", qui a annoncé, le 16 octobre 2006, sa volonté de quitter son siège au Conseil pour le développement des structures de la société civile et la défense des droits de l’Homme auprès du Président russe. Dans une lettre publique adressée à la présidente du Conseil, M. Orlov a indiqué que sa décision « a été provoquée par les propos du Président de la Fédération de Russie concernant l’assassinat d’Anna Politkovskaya », le 10 octobre 2006, selon lesquels « cet assassinat a fait plus de tort à la Russie [...] et à la Tchétchénie que ne le faisaient ses publications ». M. Orlov note qu’"il est évident que [sa] conception de ce qui est bénéfique pour la Russie [...] est radicalement différente des conceptions du Président" et qu’il ne considère plus que son travail en tant que membre du Conseil puisse être utile dans ces conditions.&lt;/p&gt;  &lt;p class="spip" align="justify"&gt;L’Observatoire demande aux autorités russes de garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique de tous les défenseurs des droits de l’Homme en Russie et de conduire des enquêtes indépendantes et impartiales concernant tout acte de violence à leur encontre, afin d’en identifier les auteurs et de les traduire en justice.&lt;/p&gt;  &lt;p class="spip" align="justify"&gt;L’Observatoire demande également aux autorités russes de se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998, en particulier son article 12.2 qui prévoit que « l’Etat prend toutes les mesures nécessaires pour assurer que les autorités compétentes protègent toute personne, individuellement ou en association avec d’autres, de toute violence, menace, représailles, discrimination de facto ou de jure, pression ou autre action arbitraire dans le cadre de l’exercice légitime des droits visés dans la présente Déclaration ».&lt;/p&gt;  &lt;p class="spip" align="justify"&gt;Plus généralement, l’Observatoire demande aux autorités russes de se conformer aux instruments internationaux et régionaux relatifs aux droits de l’Homme liant la Russie, en particulier le Pacte international sur les droits civils et politiques, la Convention européenne des droits de l’Homme et le Document de Copenhague du Document de la Réunion de Copenhague de la Conférence sur la Dimension humaine de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE).&lt;/p&gt;  &lt;p class="spip" align="justify"&gt;Pour plus d’information : FIDH : 00 33 1 43 55 25 18 OMCT : 00 41 22 809 49 39&lt;/p&gt;                    &lt;center&gt;                                    &lt;/center&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/35848064-1964282727758376638?l=batiouchka.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://batiouchka.blogspot.com/feeds/1964282727758376638/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=35848064&amp;postID=1964282727758376638' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/35848064/posts/default/1964282727758376638'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/35848064/posts/default/1964282727758376638'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://batiouchka.blogspot.com/2007/02/nouvelles-campagnes-de-diffamation.html' title='Nouvelles campagnes de diffamation contre les défenseurs des droits de l’Homme'/><author><name>Gortchov</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13488334039671889458</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-35848064.post-7636782854814537442</id><published>2007-02-18T08:08:00.000+01:00</published><updated>2007-02-18T08:09:44.683+01:00</updated><title type='text'>L’illusion de la "grande Russie"</title><content type='html'>&lt;img src="http://www.voltairenet.org/elements/transpix.gif" alt=" " height="1" width="10" /&gt;&lt;!-- Contenu ------------------------------------------------------------------&gt;&lt;!-- /////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////// --&gt;&lt;!-- ALTERNATIVE : LA RUBRIQUE CONTIENT DES "MINI-ARTICLES" --&gt;&lt;!-- /////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////// --&gt;                                                                                         &lt;!-- Texte --&gt;       &lt;div class="texte" align="justify"&gt; &lt;p class="spip" align="justify"&gt;Les dirigeants russes cherchent avec ardeur une nouvelle idéologie. Différentes forces politiques ont répondu à l’appel lancé d’en haut, écrivent les Novye izvestia.&lt;/p&gt;  &lt;p class="spip" align="justify"&gt;A la veille des élections de 2007 et 2008, la nouvelle idée russe, qui se ramène en fait à un nationalisme modéré, est étudiée aussi bien dans le camp des "libéraux du Kremlin" que parmi les "siloviki", les fameux "cadres à épaulettes". De l’avis des experts, face aux problèmes sociaux réels le pouvoir se réfugie dans l’illusion de la "grande Russie".&lt;/p&gt;  &lt;p class="spip" align="justify"&gt;La recherche d’une idée nationale a débuté au lendemain de l’effondrement du régime communiste et de son idéologie. Mais depuis ces deux dernières années il devient de plus en plus clair que l’idée nationale se transforme en slogan ultra-patriotique. Plus on parle au niveau officiel de la nécessité de combattre la xénophobie et le nationalisme et plus les xénophobes s’activent.&lt;/p&gt;  &lt;p class="spip" align="justify"&gt;Mark Ournov, président de la fondation Expertiza : "Ce qui se passe aujourd’hui n’est qu’une réaction névrotique à la situation à laquelle les dirigeants du pays se refusent à chercher une issue réelle en se réfugiant dans un espace illusoire où ils se sentent à l’aise. En fait, l’idée d’un grand Etat, d’une grande puissance est un paravent derrière lequel la propriété est partagée au profit du groupe de fonctionnaires qui se sont retrouvés au pouvoir".&lt;/p&gt;  &lt;p class="spip" align="justify"&gt;Boris Kagarlitski, directeur de l’Institut des problèmes de la mondialisation : " Il est impossible d’élaborer une idée nationale. Mais son élaboration peut demander beaucoup d’argent. Tout porte à croire que l’affaire en restera là. Après l’éclatement de l’URSS, le pouvoir s’est retrouvé confronté à une tâche évidente consistant à bâtir en Russie un Etat national. Les fonctionnaires comprennent cependant cette idée de façon primitive : l’idée nationale veut dire qu’il s’agit des nationalités."&lt;/p&gt;  &lt;p class="spip" align="justify"&gt;Sergueï Markov, directeur de l’Institut des études politiques :"Ces idées, pas encore radicales, mais déjà liées au nationalisme russe, sont une réaction aux décennies précédentes dominées par l’idéologie de la dissolution de la Russie dans l’Union Soviétique. Le démembrement de l’URSS et la crise économique ont été suivis d’une crise identitaire. Il n’y avait pas de réponse à la question : "qui sommes-nous ?" Le pouvoir actuel est technocratique à un point révoltant, ce qui provoque le mécontentement d’un nombre énorme de personnes qui exigent une idéologie".&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class="spip" align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/35848064-7636782854814537442?l=batiouchka.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://batiouchka.blogspot.com/feeds/7636782854814537442/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=35848064&amp;postID=7636782854814537442' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/35848064/posts/default/7636782854814537442'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/35848064/posts/default/7636782854814537442'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://batiouchka.blogspot.com/2007/02/lillusion-de-la-grande-russie.html' title='L’illusion de la &quot;grande Russie&quot;'/><author><name>Gortchov</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13488334039671889458</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-35848064.post-3225780217647564910</id><published>2007-02-18T08:03:00.000+01:00</published><updated>2007-02-18T08:04:29.470+01:00</updated><title type='text'>Russie: billet d'humeur n°1</title><content type='html'>Aujourd'hui 20 décembre est un jour quasi férié, en &lt;span class="searchhighlight"&gt;Russie&lt;/span&gt; : c'est le jour en l'honneur du FSB (ex-KGB)... Et oui, on ne pense jamais à ces gens de l'ombre, qui agissent pour le bien de tous, pour le salut de la mère patrie Russe, et qui n'hésitent jamais au sacrifice suprême, en particulier quand il s'agit de sacrifier les autres, de préférence journaliste ou anciens coreligionnaires...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En novembre (j'ai oublié le jour, excusez-moi), j'avais déjà remarqué que l'Etat russe ne reculait devant aucune dépense pour célébrer la grandeur et les actions héroïques de la police russe : sur toutes les chaînes (qui sont aujourd'hui toutes contrôlées par le Grand Frère Poutine), on pouvait voir des reportages sur les missions de police au quotidien, mais aussi le courage et les exploits de ces garants de la paix et de la sécurité du peuple. Au grand prime-time, tous les artistes aussi populaires qu'assermentés étaient au rendez-vous, et ont pu mimer leur chansonnette débilitante pendant que le play-back, les éclairagistes et pyrotechniciens assuraient la réussite du spectacle. Certains ont toutefois fait l'effort de transformer les paroles pour les faire coller au thème du jour : la gloire de la police. J'ai failli verser une larme devant le morceau final intitulé "02" (numéro de téléphone équivalent du 17, police-secours chez nous) et, finalement, je pense qu'on a eu de la chance que Goldman s'occupe des Restos du Coeur, chez nous. Enfin, grâce à cette émission, j'aurai moins de remords à donner un bakchich à un flic russe : j'aurai au moins le sentiment d'avoir contribué à une sorte de Téléthon...&lt;br /&gt;J'ai hâte de voir le Prime-Time de ce soir sur les exploits du FSB... Verrons-nous des directs sur les missions de pacification ou de libération d'otages ? Apprendrons-nous comment se procurer sans ordonnance du Polonium 210 auprès de son pharmacien ? (à consommer avec modération...)? Va-t-on avoir des informations sur la façon d'obtenir des renseignements de la part d'un Tchétchène de 12 ans récalcitrant (les scènes de viol de sa mère seront censurées, sans doute : des enfants regardent...) ? James Bond était-il vraiment si méchant ? Pourra-t-on sélectionner par SMS une personnalité à éliminer (de façon plus définitive que nos "nouvelles stars" qui continuent de beugler après avoir été sorties) ? Que de questions, encore... Mais je crains que pour avoir certaines réponses, il faudra supporter la torture des mêmes artistes que le mois dernier, qu'on va déjà devoir se taper pendant toutes les fêtes, à la place des reality-shows ou de ces nouvelles séries à la mode où tous les problèmes se résolvent entre les pubs à grands coups de mitraillette (ou d'explosifs). Alors, non, je ne regarderai pas, je continuerai de lire mon livre de Nicolas Gogol en écoutant du Tchaikovski, en me disant que la culture russe est magnifique, mais qu'elle a aujourd'hui grand besoin d'un nouveau souffle de liberté...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/35848064-3225780217647564910?l=batiouchka.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://batiouchka.blogspot.com/feeds/3225780217647564910/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=35848064&amp;postID=3225780217647564910' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/35848064/posts/default/3225780217647564910'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/35848064/posts/default/3225780217647564910'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://batiouchka.blogspot.com/2007/02/russie-billet-dhumeur-n1.html' title='Russie: billet d&apos;humeur n°1'/><author><name>Gortchov</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13488334039671889458</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-35848064.post-116056520975111422</id><published>2006-10-11T13:13:00.000+02:00</published><updated>2007-02-18T06:34:47.587+01:00</updated><title type='text'>Lettres de Russie</title><content type='html'>&lt;i class="spip"&gt;Stéphane est enseignant en Russie. En avril 2006, il a demandé à ses étudiants d’écrire leurs réactions au sujet des émeutes en France.&lt;/i&gt;&lt;p class="spip"&gt;  &lt;/p&gt;  &lt;p class="spip"&gt;&lt;img class="spip_puce" src="http://www.place-publique.fr/puce.gif" alt="-" border="0" /&gt;  &lt;b class="spip"&gt;Réaction n°1 écrite par un étudiant de 4ème année&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;Les émeutes qui se sont déclenchées à Clichy-sous-Bois le 27 octobre 2005 et qui se sont répandues ensuite dans un grand nombre de banlieues pauvres à travers la France ont choqué la société mondiale. Les désordres qui ont pris la forme d’incendies criminels et de jets de pierre contre les forces de police témoignent d’une profonde crise sociale. Les quartiers sensibles déclarent une sorte de guerre au gouvernement de Nicolas Sarkozy qui ignore leurs problèmes les plus brûlants : le chômage, le racisme, la discrimination au logement... Ces semaines de violences ont porté un coup dur à l’ économie du pays, les dégâts sont estimés à plusieurs dizaines de millions d’ euros. Autre conséquence négative est le dégât causé à l’image de la France dans le monde. Le pays a perdu un certain nombre de touristes et d’ investissements. Aujourd’hui le but essentiel du gouvernement est de regagner la confiance du peuple et de favoriser l ’intégration sociale. &lt;/p&gt;  &lt;p class="spip"&gt;&lt;img class="spip_puce" src="http://www.place-publique.fr/puce.gif" alt="-" border="0" /&gt;  &lt;b class="spip"&gt;Réaction n°2, écrite par un étudiant de 5ème année&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;Nous ne connaissons pas en Russie avec précision la situation dans les banlieues françaises. Cette situation n’est pas très précise dans la conscience des jeunes russes. A propos des émeutes du mois de novembre les points de vue sont assez contradictoires, et nous avons pu constater que les mass médias russes ont des positions très différentes de français que nous connaissons. Les médias russes ont présenté cet évènement comme une révolte des ados maghrébins ne sachant pas quoi faire et n’ayant aucune activité. Les français de notre connaissance nous ont parlé des discriminations face a l’emploi et au logement. On a aussi évoqué le non-respect de leurs droits.&lt;br /&gt;Pour ma part, j’ai face à ce problème une double position. Je peux comprendre que les arabes souffrent de discriminations raciales face au travail et c’est peut être un problème. D’un autre côté, je ne peut pas comprendre qu’ils se plaignent de vivre dans de HLM, nous vivons nous aussi dans des HLM et nous ne nous révoltons pas. Nous tachons d’améliorer nos conditions de vie mais dans le respect et la tolérance et en travaillant. Eux aussi veulent améliorer leur confort mais ils ne veulent ni travailler, ni étudier et je pense que le racisme est de leur côté. Le gouvernement leur accorde beaucoup d’aide, trop peut être et je pense que c’est un support suffisant pour améliorer a vie. Les français sont charitables avec eux et il faut dire aussi qu’ils n’ont pas accès a cette charité dans leurs pays.&lt;br /&gt;En Russie, les vrais russes souffrent beaucoup plus que certains étrangers du Caucase, ils ont plus le droit à la révolte et pourtant ils ne se révoltent pas, ne brûlent pas des voitures ou ne font pas des vols. Les russes cherchent à améliorer leur vie par le travail et dans le respect. &lt;/p&gt;  &lt;p class="spip"&gt;&lt;img class="spip_puce" src="http://www.place-publique.fr/puce.gif" alt="-" border="0" /&gt;  &lt;b class="spip"&gt;Réaction n°3, écrite par un étudiant de 3ème année&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;Je crois qu’il faut commencer par ce que je connais sur cette question...Les émeutes de 2005 dans les banlieues françaises étaient des violences urbaines qui avaient commencé à Clichy sous-Bois le 27 octobre 2005, puis s`étaient répandues dans un grand nombre de banlieues pauvres à travers la France. Si je ne me trompe pas, l’état d’urgence a été déclaré le 8 novembre 2005, puis prolongé pour une durée de 3 mois. Au 15 novembre, la situation n’était pas calmée. Au 17 novembre, la police a déclaré être revenue en situation normale. Les émeutes c`étaient essentiellement des incendies criminels et des jets de pierres contre la police. En plus, j`ai entendu dire que ces trois semaines de violence urbaine étaient les plus importantes agitations en France depuis mai 1968. La cause des émeutes c`était la mort de deux adolescents, Zyed Benna (17 ans) et Bouna Traoré (15 ans). Ils ont péri en s`évadant de la police. Beaucoup de jeunes et d’autres ont dit dans les médias comprendre la peur qui a amené à la fuite des deux jeunes décédés. Je cite : « L’impression que la police méprisait les jeunes, et surtout les jeunes de couleur ». Et je crois que c`était une des motivations principales. Ce qui est terrible à mon avis, c`est ce qu`un grand nombre d’émeutiers utilisaient l`Internet au moyen de blogs pour envoyer des bulletins appelant à l’émeute ! L`internet c`est une source d`information sans frontières. Et je crois que beaucoup de jeunes gens ayant reçu un bulletin ont décidé d`y prendre part. Et il faut noter que c`était pas seulement des arabes qui prenaient part aux émeutes, mais aussi des jeunes français. En fait, le mécontentement des jeunes est assez compréhensible... Parce que, je pense, aujourd’hui les problèmes de racisme et de nazisme occupent une place très importante. Et la plus grande partie de la population de notre planète est contre l`humiliation des gens de couleur...Mais en tout cas, je crois que des émeutes ce n`est pas le meilleur moyen de résolution de ces problèmes. &lt;/p&gt;  &lt;p class="spip"&gt;&lt;img class="spip_puce" src="http://www.place-publique.fr/puce.gif" alt="-" border="0" /&gt;  &lt;b class="spip"&gt;Réaction n°4, écrite par une étudiante de 5ème année&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;En novembre 2005, la France a été bouleversée par les émeutes des jeunes d’origine arabe. Les mass-médias russes ont présenté ces évènements de leur propre point de vue. Moi, quand j’ai vu à la télé les reportages sur ce sujet, j’avais l’impression que tous ces jeunes sont des criminels qui n »ont rien à faire, qui ne travaillent pas et tout ça. Mais en définitive je ne le crois pas. Je pense que les causes sont plus profondes, j’ai entendu parler des discriminations envers ces gens d’origine arabe ou africaine, par exemple l’embauche au travail, quand il y a 2 personnes, 2 candidats sur le même poste, un d ’origine française avec la peau blanche et l’autre d’origine arabe, on va embaucher le premier, même si l’autre a plus de connaissances ou d’expériences. Ce n’est pas normal et dans notre pays c’est presque la même chose.&lt;br /&gt;Je suis persuadée que c’est injuste de répartir les gens en race et en nation, pour moi , c’est dangereux parce que ça peut créer des choses plus grave que les émeutes. Mais les jeunes arabes des banlieues en France ont choisi une manière trop agressive pour attirer l ’attention du gouvernement, parce que les autres, les français ne sont pas coupable de cette situation. &lt;/p&gt;  &lt;p class="spip"&gt;&lt;img class="spip_puce" src="http://www.place-publique.fr/puce.gif" alt="-" border="0" /&gt;  &lt;b class="spip"&gt;Réaction n°5, écrite par un étudiant de 5ème année&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;Cette année, la France est bouleversée par de nombreuses émeutes, surtout estudiantines. Au mois de novembre, c’était des émeutes des ados issus de l’Afrique du nord, provoquées par la politique du gouvernement, comme on le pense en France. On nous a raconté que leurs actions étaient vraiement justifiées : humiliation de leurs droits et de leurs libertés, chômage extrème, discrimination sur les lieus de travail etc. Mais les masses médias russes ont un tout autre point de vue ! ! Les ados magrébins brûlaient les voiture parce qu’il n’avaient rien à faire.&lt;br /&gt;Moi personellement, j ’ai une double position. C’est vrai que si le patron doit choisir entre une jeune personne magrébin et le vrai français, on choisi le plus souvent le français. Dans cette situation, les arabes peuvent être considérés comme les victimes. Mais d’un autre côté, après la guerre d’Algérie, les français se sentent responsable d’eux et le gouvernement leur offre des aides, ils ont la possibilité de vivre en HLM, et pas dans des cabanes comme les SDF. Nous habitons aussi dans les HLM ,ais nous ne brulons pas les voitures, nous n’agressons pas les gens paisibles. Nous sommes tolérants. Dans ce cas, leurs actions peuvent même être considérées d’actions racistes et extrémistes et doivent être blamées. En plus ils n’ont pas le droit de prétendre aux mêmes postes et aux mêmes conditions de vie que ceux qui travaillent d’arache-pied et gagnent leur vie correctement. Eux sont incultes et ne veulent souvent pas travailler. &lt;/p&gt;  &lt;p class="spip"&gt;&lt;img class="spip_puce" src="http://www.place-publique.fr/puce.gif" alt="-" border="0" /&gt;  &lt;b class="spip"&gt;Réaction n°6, écrite par un étudiant de 5ème année&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;Le problème des banlieues en France. Au mois de novembre 2005 les jeunes des anciennes colonies se sont révoltés. C’était une grande révolte. On a cassé des voitures, on a brûlé des magasins, on prononçait les mots grossiers et des injures adressés à Nicolas Sarkozy. Ils étaient indignes par leurs allocations que l’état leur paye. Ils disaient que c’était peu pour survivre. Je ne veux offenser personne, mais tout de même je ne supporte pas l’attitude de ces jeunes parce que je crois qu’au lieu de faire grève et de manifester, il est préférable de travailler pour se procurer de l’argent. Peut être je ne suis pas assez informé sur ce thème, mais tout de même à la télévision on a présenté l’image de jeunes qui paraissaient brutaux, agressifs et sévères. Des jeunes qui n’écoutaient rien ni personne. L’image des banlieues françaises est pour moi un lieux avec ses propres règles, où le crime règne, et où il ne faut pas aller seule. L’accident qui s’est passé avec ma copine à Paris, prouve que je ne me trompe pas. Ma copine est Russe. Son rêve était de visiter Paris. Elle a enfin réalisé son rêve. Elle se promenait sur les Champs-Élysées. Et tout à coup le Maghrébin a saisi son sac et s’est enfui. On vole partout et tout le monde vole mais dans ce cas c’était un Maghrébin. Comme je veux partir en France après mes études ici, je ferais attention aux jeunes d’origine arabe et je n’essaierai pas de rentrer en contact avec eux.&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/35848064-116056520975111422?l=batiouchka.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://batiouchka.blogspot.com/feeds/116056520975111422/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=35848064&amp;postID=116056520975111422' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/35848064/posts/default/116056520975111422'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/35848064/posts/default/116056520975111422'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://batiouchka.blogspot.com/2006/10/rrrrrrrrr.html' title='Lettres de Russie'/><author><name>Gortchov</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13488334039671889458</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry></feed>
